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LES ORIGINES DU BOSTON

Le Boston est une danse de couple apparue à la fin du XIXᵉ siècle aux États-Unis. Élégante et fluide, elle est souvent considérée comme l’un des ancêtres directs de la valse lente moderne. Son histoire mêle influences européennes, transformations sociales et évolution des styles musicaux.

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Origine géographique

Comme son nom l’indique, le Boston tire son nom de la ville de Boston aux USA. C’est dans les milieux mondains de cette ville, vers les années 1870-1880, qu’apparaît une nouvelle manière de danser la valse. À l’époque, les danses de couple venues d’Europe — notamment de Vienne — sont déjà très populaires dans la société américaine. Les danseurs de Boston commencent cependant à adapter ces danses à leur goût, en ralentissant le tempo et en privilégiant des mouvements plus glissés et plus souples.

Cette manière particulière de danser la valse devient rapidement connue sous le nom de “Boston Waltz”, puis simplement “Boston”, en référence à la ville où ce style s’est développé.

 

Origine artistique

Sur le plan artistique, le Boston est directement issu de la Valse, qui s’était largement diffusée en Europe au XIXᵉ siècle. Contrairement à la valse viennoise, rapide et tournoyante, le Boston se distingue par :

  • un tempo plus lent

  • des pas allongés et glissés

  • une sensation de suspension et de continuité dans le mouvement

Les danseurs introduisent également des variations nouvelles : hésitations, déplacements plus progressifs, changements de direction plus doux. Cette esthétique privilégie l’élégance, la musicalité et la connexion entre les partenaires.

Au début du XXᵉ siècle, le Boston influence fortement l’évolution des danses de salon. Il contribue notamment à l’émergence de formes plus structurées de la valse lente, qui deviendront plus tard une base importante des danses standard.

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UNE DANSE DE TRANSITION

Historiquement, le Boston occupe une place intéressante : il représente une étape de transformation entre les valses européennes du XIXᵉ siècle et les danses de salon modernes du XXᵉ siècle. Il témoigne de la manière dont les pratiques sociales, les goûts musicaux et les influences culturelles circulent entre l’Europe et les États-Unis.

Aujourd’hui encore, lorsque l’on danse le Boston, on retrouve cette recherche de glisse, de respiration dans le mouvement et de dialogue entre les partenaires, qui faisait déjà le charme de cette danse dans les salons de la fin du XIXᵉ siècle.

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« BOSTONNER »

Le verbe « bostonner » est apparu lorsque le Boston est devenu très populaire dans les bals à la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ siècle. Il ne désignait pas seulement la danse appelée Boston, mais une manière particulière de danser, caractérisée par la souplesse, la lenteur et la continuité du mouvement.

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D’un nom de danse à un verbe

Bostonner signifiait au départ : danser le Boston.

Mais très vite, le sens s’est élargi.

Une manière de danser plus qu’une danse

Le Boston introduisait plusieurs innovations par rapport aux danses tournoyantes plus anciennes décrites plus haut.

Ces qualités ont marqué les danseurs de l’époque. On a donc commencé à dire qu’un couple « bostonnait » lorsqu’il adoptait cette manière fluide et coulée de se déplacer, même si la musique n’était pas strictement celle d’un Boston.

Autrement dit, « bostonner » pouvait décrire un style, pas seulement une danse précise.

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Une influence sur l’esthétique des bals

Au tournant du XXᵉ siècle, le Boston a profondément influencé les danses sociales. Dans de nombreux bals :

  • certaines valses lentes,

  • certaines marches dansées,

  • ou des formes précoces de danses de salon, étaient interprétées dans un esprit “bostonné”.

Le mot évoquait alors une élégance moderne, plus intime et plus expressive que les formes très codifiées du XIXᵉ siècle.

Un mot qui décrit une qualité de mouvement

Dans le langage des danseurs, dire qu’un couple « bostonne » pouvait donc signifier :

  • qu’il glisse avec continuité,

  • qu’il respire dans la musique,

  • qu’il évite les mouvements brusques,

  • qu’il crée une impression de flotter dans l’espace.

C’est pourquoi le terme a dépassé la danse elle-même pour devenir une image du style.

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Une anecdote

À la fin du XIXᵉ siècle, le Boston devient si populaire dans les salons que certains chroniqueurs de bals racontent que, dans les soirées élégantes, les couples ne demandaient plus “voulez-vous danser ?” mais “voulez-vous bostonner ?”.

Dans plusieurs villes d’Europe, notamment à Paris, on voyait des couples adapter presque toutes les musiques lentes pour « bostonner ». Les maîtres de danse écrivaient même que certains danseurs transformaient une simple Valse en Boston sans changer la musique, simplement en allongeant les pas et en glissant davantage sur le sol.

Cela montre à quel point le Boston était devenu une esthétique de mouvement, presque une mode dans la manière de danser.

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LIEN AVEC LE PASO DOBLE

Une différence essentielle : l’intention artistique

Malgré des ressemblances de trajectoire, l’esprit reste très différent :

  • Boston : fluidité, glisse, continuité, romantisme.

  • Paso doble : tension, fierté, dramatisation inspirée de la corrida.

Une même trajectoire dans l’espace peut donc produire une sensation complètement différente selon :

  • l’énergie

  • la posture

  • l’intention musicale.

« Dans les danses de couple, certaines figures se ressemblent parce que le corps humain et la circulation sur la piste imposent des logiques communes. Mais ce qui fait la danse, ce n’est pas seulement la figure : c’est l’intention et la qualité du mouvement. »

La connexion inattendue entre le Boston et diverses danses de salon.

Au début du XXᵉ siècle, le Boston ne vit pas isolé : il fait partie d’une période de grande transformation des danses de couple. Les styles circulent entre l’Europe et les Amériques, et les danseurs expérimentent beaucoup. C’est dans ce contexte que le Boston influence, directement ou indirectement, plusieurs danses devenues célèbres.

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Des ressemblances avec le tango des débuts

Lorsque le Tango arrive en Europe vers 1910, les danseurs sont déjà habitués à certaines innovations apportées par le Boston :

  • une connexion plus proche entre partenaires

  • des déplacements fluides et continus

  • une plus grande liberté dans l’interprétation musicale

Dans certaines premières formes de tango de salon, on retrouve même des déplacements glissés qui rappellent le style « bostonné ».

Le tango, né notamment à Buenos Aires, possède évidemment une culture propre, mais les danseurs européens de l’époque l’interprètent souvent avec l’expérience corporelle qu’ils ont déjà acquise grâce au Boston.

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Une danse qui a préparé le terrain des danses modernes

Le Boston joue en réalité un rôle de danse de transition. Il prépare les danseurs à plusieurs changements importants :

  • une danse moins rigide que les danses du XIXᵉ siècle

  • une plus grande expressivité du couple

  • des déplacements plus naturels et plus glissés.

Au tournant du siècle, les bals européens — notamment à Paris et à Londres — deviennent des lieux d’expérimentation où les styles se mélangent.

« Le Boston est un peu le laboratoire des danses modernes. Il a appris aux danseurs à ralentir, à glisser et à respirer dans la musique. Beaucoup de danses du XXᵉ siècle sont nées dans ce climat d’expérimentation. »

Petite curiosité historique :
Vers 1900, certains maîtres de danse affirmaient que le Boston était la danse la plus élégante du monde, mais aussi la plus difficile à bien danser… Justement parce qu’elle exigeait du contrôle, de la lenteur et une grande qualité de mouvement.

Association Danse-animation Hauts de France. 4 rue Michel Sélame 62217 Achicourt 06 61 53 99 35

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